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FinancementGuide · 6 min de lecture

Combien faut-il prévoir pour acheter une entreprise?

Aucune source officielle ne fixe un montant unique : le budget se compose du prix convenu, d’une mise de fonds, des honoraires, des taxes et droits, puis d’une réserve pour les premiers mois. La BDC écrit qu’il n’existe pas de formule simple pour calculer la mise de fonds et que le pourcentage peut varier selon l’acheteur.

Ce guide décompose ce qu’il faut prévoir au-delà du prix lorsqu’on achète une entreprise au Québec : la mise de fonds, le reste du financement, les honoraires, les taxes et droits, puis la réserve des premiers mois. Il repose sur les pages officielles citées en bas de page et ne donne ni prix ni coût de marché : aucune de ces sources n’en publie.

Les postes d’un budget d’acquisition

Il n’existe pas de montant type, et ce guide n’en avance aucun. Ce que les sources permettent de dire, c’est de quoi le budget se compose. La BDC écrit qu’un plan d’acquisition doit préciser, entre autres, le calendrier et le budget cibles de l’acheteur. Dans ses conseils pour trouver une entreprise à vendre, elle demande si le prix d’acquisition convient au budget, intégration et frais de financement compris. On peut donc dresser la liste suivante, à compléter avec un comptable :

  • le prix convenu avec le vendeur, et la façon dont il sera payé;
  • la mise de fonds de l’acheteur et les frais de financement;
  • les honoraires des professionnels, dont l’avocat ou le notaire et le comptable;
  • les taxes et droits liés à la transaction, selon sa structure;
  • le fonds de roulement et la marge de manœuvre des premiers mois.

La mise de fonds : ce que dit la BDC

Dans un article publié le 11 mars 2021, la BDC écrit d’abord qu’il n’existe pas de formule simple pour calculer le bon montant d’une mise de fonds. Une directrice principale de la BDC y affirme qu’il est important de montrer que l’on prend aussi certains risques. L’article ne fixe pas d’exigence : il précise que les prêteurs tiennent souvent compte du fait que des propriétaires d’entreprise d’expérience ont probablement des moyens financiers différents de ceux d’une personne qui se lance en affaires, de sorte que le pourcentage peut varier. La BDC donne l’exemple d’une personne qui a travaillé de nombreuses années dans une entreprise et veut maintenant l’acheter ou en acheter des parts : elle pourrait l’acquérir avec une mise de fonds moins élevée.

Sur sa page consacrée au prêt pour l’achat d’une entreprise, la BDC écrit que le montant de la mise de fonds requis dépend de la transaction, de la santé financière de l’entreprise et de la situation de l’acheteur, et qu’une structure de financement peut combiner son propre investissement, un prêt d’entreprise et un financement par la partie vendeuse. Elle précise qu’elle n’offre pas de préqualification et qu’elle peut examiner une demande une fois l’entreprise choisie et les modalités principales négociées. Parmi les renseignements qu’elle demande, elle mentionne le prix d’achat convenu, la structure de la transaction, une lettre d’intention et la date de clôture prévue, les avis de cotisation des deux dernières années et les états financiers ou déclarations de revenus de l’entreprise.

Compléter le financement

Au-delà de la mise de fonds, écrit la BDC, le reste des fonds peut provenir de différentes sources. Elle nomme le prêt bancaire, qu’elle décrit comme une façon courante de couvrir une partie du prix, le financement mezzanine (aussi appelé financement subordonné ou dette subordonnée), et le financement par le vendeur, un prêt accordé par le vendeur lui-même. Sur sa page des étapes, elle indique que, pour la plupart des transactions, il existe trois sources de financement : les capitaux propres internes et externes, le financement bancaire et le financement par la vendeuse ou le vendeur.

La BDC prévient qu’une banque exigera un plan d’affaires qui détaille l’orientation voulue pour l’entreprise, avec des projections financières. Elle mentionne que la structure de la transaction, achat d’actifs ou d’actions, entre en jeu dans l’analyse, et rappelle que les taux d’intérêt comptent, mais que d’autres modalités et une certaine flexibilité peuvent aussi conduire à une meilleure entente à long terme.

Les honoraires des professionnels

La BDC écrit que quiconque achète une entreprise doit s’entourer de conseillères et conseillers juridiques et financiers, et un spécialiste qu’elle cite sur sa page consacrée à la vérification diligente souligne que les honoraires des spécialistes sont négligeables par rapport à l’ampleur de la transaction et aux écueils potentiels. La BDC recommande, si l’on engage des spécialistes de l’extérieur, d’établir des modalités claires quant aux honoraires et aux frais. Aucune source lue ne publie de tarif : il faut demander une estimation écrite à chaque professionnel.

La vérification diligente a aussi un coût en temps. Selon la BDC, il faut consacrer du temps à la vérification diligente, qui comporte trois types d’examen : commercial, financier et juridique. Il faut donc prévoir des honoraires pour cette période.

TPS et TVQ sur la vente d’une entreprise

Selon Revenu Québec (page de la rubrique « Vente d’une entreprise », consultée dans une copie archivée le 16 octobre 2025), le vendeur et l’acheteur peuvent faire un choix conjoint pour que la TPS et la TVQ ne s’appliquent pas à la vente. Ce choix a des conditions. Le vendeur doit vendre, en tout ou en partie, une entreprise qu’il a établie ou exploitée, ou qu’il a acquise d’une autre personne qui l’a établie ou exploitée. Les parties doivent être toutes deux inscrites, ou toutes deux non inscrites, ou encore le vendeur non inscrit et l’acheteur inscrit. Enfin, l’acheteur doit acquérir la totalité ou presque (90 % ou plus) des biens qu’il est raisonnable de considérer comme nécessaires à l’exploitation de l’entreprise. Les parties remplissent le formulaire FP-2044, et l’acheteur le transmet à Revenu Québec s’il est inscrit.

L’article 75 de la Loi sur la taxe de vente du Québec prévoit d’ailleurs que, dans ces circonstances, le fournisseur et l’acquéreur peuvent conjointement faire ce choix, sauf si le fournisseur est un inscrit et que l’acquéreur ne l’est pas. L’article 75.1 précise qu’aucune taxe n’est alors payable à l’égard des fournitures effectuées en vertu de la convention, pourvu que l’acquéreur, s’il est un inscrit, produise le choix au ministre dans le délai prévu, et sous réserve d’exceptions qu’il énumère : un service taxable que doit rendre le fournisseur, une fourniture taxable par louage, licence ou accord semblable et, si l’acquéreur n’est pas un inscrit, la vente taxable d’un immeuble. La taxe n’est donc pas toujours évitée : son traitement dépend de la structure de la vente et doit être confirmé par un comptable.

Droit de mutation si un immeuble fait partie de la transaction

Selon Québec.ca (page mise à jour le 17 février 2026), une municipalité doit percevoir un droit auprès de tout nouveau propriétaire d’un immeuble situé sur son territoire, sous réserve de certaines exonérations. Ce droit s’applique lors du transfert du droit de propriété d’un bien immobilier, notamment lors d’une vente. Il est établi sur la base du plus élevé de trois montants : le prix payé pour l’acquisition de l’immeuble, le prix de vente inscrit à l’acte de transfert et la valeur marchande de l’immeuble au moment du transfert. Il doit être versé à la municipalité avant le 31e jour suivant l’envoi du compte, faute de quoi des intérêts commencent à courir. Il ne vise donc que les transactions où un immeuble change de mains; une vente qui ne comprend pas d’immeuble n’est pas visée par cette page.

Le fonds de roulement et les imprévus

La BDC écrit que l’acheteur doit avoir la marge de manœuvre nécessaire pour faire face à des soucis sans se mettre en danger financièrement : le départ d’une personne clé de l’équipe, une baisse des ventes ou le bris d’une pièce d’équipement importante. Elle ajoute que les premiers mois qui suivent une acquisition sont essentiels au succès de la transaction. Une réserve pour cette période fait donc partie du budget, et son montant se discute avec le comptable à partir des états financiers de l’entreprise visée.

Un exemple de programme fermé : le Fonds de transfert d’entreprise du Québec

Investissement Québec indique que la réception des demandes pour le Fonds de transfert d’entreprise du Québec a pris fin le 31 décembre 2025 (page mise à jour à cette date). On y lisait que le repreneur s’engageait à travailler à temps plein dans l’entreprise visée et à injecter une mise de fonds minimale de 50 000 $, et que la durée du prêt ne pouvait excéder 84 mois. Ces conditions ne s’appliquent plus aux nouvelles demandes; elles montrent seulement comment un programme public avait fixé sa propre mise de fonds. Pour les programmes en vigueur, Investissement Québec présente sa page sur l’achat ou le transfert d’une entreprise.

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Quelle est la mise de fonds minimale pour l’achat d’une entreprise?
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  2. 02
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Prêt pour l’achat d’une entreprise
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  3. 03
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Quelles sont les étapes à suivre pour acheter une entreprise?
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  4. 04
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Comment exercer une vérification diligente lors de l’achat d’une entreprise
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  5. 05
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Conseils pour trouver une entreprise à vendre
    bdc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  6. 06
    Revenu Québec (copie de l’Internet Archive du 16 octobre 2025)Gouvernement
    Vente d’une entreprise
    web.archive.org·Vérifié le 25 octobre 2026
  7. 07
    LégisQuébecGouvernement
    T-0.1 - Loi sur la taxe de vente du Québec
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  8. 08
    Gouvernement du QuébecGouvernement
    Droits sur les mutations immobilières
    quebec.ca·Vérifié le 16 août 2026
  9. 09
    Investissement QuébecGouvernement
    Le Fonds de transfert d’entreprise du Québec
    investquebec.com·Vérifié le 21 octobre 2026

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