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ÉvaluationGuide · 6 min de lecture

Comment calcule-t-on la valeur d’une entreprise?

Selon la BDC, l’évaluateur intègre ses hypothèses à une ou plusieurs de trois méthodes : fondée sur les bénéfices (flux de trésorerie), fondée sur l’actif ou fondée sur le marché. Le résultat est une valeur théorique ou une fourchette de valeurs, pas un prix.

Ce guide explique comment on calcule la valeur d’une entreprise, c’est-à-dire les grandes approches d’évaluation que décrivent la Banque de développement du Canada (BDC) et l’Institut des CBV, et ce que ces calculs produisent. Il s’appuie sur les pages officielles et professionnelles citées en bas de page. Les ressources indiquées visent le Québec, mais les méthodes elles-mêmes ne dépendent pas d’une loi québécoise. Il ne dit jamais ce que vaut une entreprise en particulier.

La réponse courte : une valeur théorique obtenue par une ou plusieurs approches

La BDC explique que, pour calculer la valeur théorique d’une entreprise, l’évaluatrice ou l’évaluateur doit tenir compte des activités de l’entreprise, de son secteur d’activité, de la dynamique du marché et de nombreux autres facteurs, puis intégrer ces hypothèses à une ou plusieurs des trois principales méthodes d’évaluation. Autrement dit, il n’existe pas une seule formule que l’on applique à toutes les entreprises : on choisit une ou plusieurs approches selon la nature de l’entreprise évaluée.

La BDC précise aussi que le calcul de la valeur est un exercice plus théorique et mathématique que la fixation d’un prix. Même s’il est difficile de déterminer la valeur d’une entreprise, elle écrit que cet exercice reste un point de départ utile pour les négociations et pour l’obtention de financement.

Valeur et prix : deux notions distinctes

Selon la BDC, le prix est simplement la contrepartie totale que l’acheteur paie au vendeur. La valeur, elle, repose sur des hypothèses que l’évaluateur formule quant à la façon dont le marché libre réagirait, aux acheteurs potentiels, au nombre d’années pendant lesquelles l’entreprise peut continuer d’exercer ses activités, et ainsi de suite. La BDC note que ces hypothèses peuvent différer de la manière dont la transaction se déroule une fois le processus de vente entamé, ce qui peut créer des différences entre la valeur et le prix.

La BDC ajoute que le calcul de la valeur suppose des acheteurs de compétences égales, alors qu’en réalité les acheteurs potentiels ont des connaissances, des capacités de négociation et des atouts financiers différents. Elle écrit également que le produit final d’une évaluation, quelle que soit la méthode, est un calcul théorique de la valeur ou une fourchette de valeurs fondée sur des hypothèses très précises, et que le prix ne peut être déterminé qu’une fois l’entreprise confrontée à un processus de vente sur le marché libre. Les facteurs qui font monter ou baisser le prix demandé sont traités dans un autre guide de Deavo; celui-ci se limite au calcul de la valeur.

Une définition de référence : la juste valeur marchande

La BDC rappelle que l’Institut des CBV, l’organisme des spécialistes en évaluation d’entreprise, définit la valeur théorique d’une entreprise comme sa « juste valeur marchande ». Selon la formulation que rapporte la BDC, il s’agit de la somme la plus élevée à laquelle s’échangerait une entreprise entre un acheteur et un vendeur consentants et aptes, sur un marché ouvert et libre, lorsqu’aucune des parties n’est forcée d’acheter ou de vendre et que celles-ci ont une connaissance raisonnable des faits. Le glossaire de l’Institut des CBV formule une norme voisine : un prix, exprimé en équivalents de trésorerie, pouvant être obtenu, sur un marché où la concurrence peut librement s’exercer, entre un acheteur et un vendeur hypothétiques, consentants, aptes à transiger, sans lien de dépendance, libres de toute contrainte et raisonnablement informés des faits pertinents.

Ces définitions décrivent une norme de valeur utilisée par les évaluateurs. Elles ne disent pas ce que vaut l’entreprise de quelqu’un, et elles ne remplacent pas le travail d’un professionnel.

Les trois approches, telles que la BDC les classe

La BDC classe les méthodes en trois familles : l’approche fondée sur les bénéfices (aussi appelée approche fondée sur les flux de trésorerie), l’approche fondée sur l’actif et l’approche fondée sur le marché. Le glossaire de l’Institut des CBV emploie un vocabulaire un peu différent, avec l’approche par le résultat, l’approche basée sur la valeur des actifs (aussi appelée approche patrimoniale), l’approche par le marché et l’approche par les coûts. Il définit une approche d’évaluation comme une manière générale de déterminer une valeur qui utilise une ou plusieurs méthodes précises, la méthode étant la technique employée à l’intérieur d’une approche. Le glossaire précise toutefois qu’il est conçu pour être utile, mais pas pour faire autorité ni pour être prescriptif.

L’approche fondée sur les bénéfices

Selon la BDC, cette méthode s’appuie sur les flux de trésorerie futurs de l’entreprise. Elle recourt à une projection de ces flux et évalue la probabilité qu’ils se concrétisent. La BDC écrit qu’elle est souvent utilisée pour les entreprises susceptibles d’avoir un fonds commercial considérable ou une valeur importante en propriété intellectuelle, qui peuvent souvent être estimés uniquement à partir du rendement futur potentiel, comme les entreprises qui fabriquent des logiciels. Le glossaire de l’Institut des CBV décrit l’approche par le résultat comme une manière d’estimer la valeur en convertissant le revenu économique attendu en un montant actualisé, et cite la méthode fondée sur les flux de trésorerie actualisés comme exemple de méthode dans cette approche.

La BDC écrit par ailleurs, sur sa page consacrée à l’acquisition d’une entreprise, que l’évaluation commence souvent par l’analyse des bénéfices d’exploitation.

L’approche fondée sur l’actif

La BDC explique que cette méthode s’appuie sur la valeur des actifs de l’entreprise après déduction de tous ses passifs, ce qui donne la valeur de l’actif net. Elle la formule ainsi : si tous les actifs étaient vendus aujourd’hui à leur juste valeur marchande et que le produit servait à payer les dettes, les obligations et les impôts, que resterait-il? La BDC précise qu’elle est souvent utilisée pour les entreprises qui possèdent de nombreux actifs physiques mais n’ont pas de fonds commercial ni d’actifs incorporels, par exemple des entreprises de construction ou des sociétés de portefeuille immobilières. Sur sa page consacrée à l’acquisition d’une entreprise, elle ajoute que l’approche tient compte des actifs corporels et incorporels détenus par l’entreprise. Le glossaire de l’Institut des CBV précise de son côté que, dans cette approche, chaque actif et chaque passif est lui-même évalué par l’approche par le marché, par le résultat ou par les coûts. Un guide distinct de Deavo détaille le lien avec le bilan.

L’approche fondée sur le marché

Selon la BDC, cette méthode cherche à estimer la valeur d’une entreprise à l’aide de mesures provenant d’entreprises comparables et de transactions récentes. Elle prévient que la qualité de l’évaluation fondée sur le marché dépend de la pertinence de la comparaison entre les mesures de marché retenues et celles de l’entreprise évaluée, ainsi que de la disponibilité de données publiques sur les entreprises et les transactions choisies. Pour cette raison, écrit-elle, la méthode fondée sur le marché est souvent utilisée avec la méthode fondée sur les bénéfices. Le glossaire de l’Institut des CBV la présente comme une manière d’estimer la valeur en comparant le sujet à d’autres actifs, entreprises ou placements qui ont été vendus ou pour lesquels le prix et d’autres renseignements sont disponibles.

Pourquoi on combine plusieurs méthodes

Dans sa page sur la valeur d’une entreprise à acquérir, la BDC écrit que le processus d’évaluation comporte généralement plusieurs méthodes pour confirmer un prix juste, et que les évaluateurs se servent habituellement d’une combinaison de trois méthodes pour confirmer la valeur d’une entreprise. Elle note aussi que l’évaluation d’une entreprise n’est pas seulement un chiffre pour la négociation : c’est aussi un élément du calcul de la banque, dont les évaluateurs fixent des prix afin de déterminer le montant du financement qu’elle accordera. Selon la BDC, les banques et les spécialistes de l’évaluation suivent le même processus, mais les banques ont tendance à utiliser des hypothèses plus prudentes, en accordant moins d’importance à des facteurs comme la technologie, la localisation et les conditions du marché.

À qui s’adresser au Québec

Le gouvernement du Québec, l’Institut des CBV et la BDC conseillent tous de recourir à des spécialistes pour l’évaluation; le guide sur les personnes qui font une évaluation au Québec détaille ces rôles.

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Comprendre la différence entre valeur et prix lors de l’achat ou de la vente d’une entreprise
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  2. 02
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Comment déterminer la valeur d’une entreprise que vous souhaitez acquérir
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  3. 03
  4. 04
    Institut des CBVIndustrie
    Quand faire appel à un CBV
    cbvinstitute.com·Vérifié le 25 octobre 2026
  5. 05
    Gouvernement du QuébecGouvernement
    Accompagnement pour acheter ou vendre une entreprise
    quebec.ca·Vérifié le 23 octobre 2026

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