ÉvaluationGuide · 6 min de lecture

Comment estimer la valeur d’une entreprise à partir de son bilan?

Le bilan donne la valeur comptable des actifs, des passifs et des capitaux propres. L’approche fondée sur l’actif, elle, réévalue chaque élément à sa juste valeur marchande, ce qui n’est pas la même chose. Selon l’Institut des CBV, certains actifs incorporels, comme les relations clients, ne figurent jamais au bilan.

Ce guide explique ce que le bilan d’une entreprise peut et ne peut pas dire de sa valeur. Il décrit l’approche fondée sur l’actif telle que la présentent la Banque de développement du Canada (BDC) et l’Institut des CBV, ainsi que les limites du bilan, à partir des pages citées en bas de page. Il ne contient aucun exemple chiffré et ne dit pas ce que vaut une entreprise.

Le bilan ne donne pas la valeur, il donne la valeur comptable

La réponse directe tient en une distinction. Selon le glossaire financier de la BDC, le bilan révèle la valeur comptable des actifs, des passifs et des capitaux propres de l’entreprise. Le glossaire de l’Institut des CBV définit la valeur de l’actif net comme la différence entre le total de l’actif et le total du passif retraités conformément à une norme de valeur particulière, au lieu de la valeur comptable. L’approche d’évaluation qui part de l’actif fait autre chose : elle cherche à estimer ce que les actifs vaudraient, une fois réévalués. Partir du bilan est donc une étape de travail, pas un calcul que l’on referme en additionnant des lignes.

La BDC précise aussi que le bilan est étroitement lié aux autres états financiers et qu’il ne peut pas être analysé indépendamment de ces documents. Elle indique qu’il présente la situation financière de l’entreprise à un moment précis, alors que l’état des résultats montre les revenus, les dépenses et la rentabilité sur une période donnée. Enfin, un bilan n’indique pas directement le bénéfice net, qui sert plutôt à calculer les bénéfices non répartis.

Ce que contient un bilan

La BDC décrit le bilan comme un résumé des actifs, des passifs et des capitaux propres d’une entreprise à une date donnée. Elle explique que le total des actifs devrait toujours être égal à la somme du total des passifs et des capitaux propres. Les grandes catégories sont les suivantes.

  • les actifs à court terme : l’encaisse et les autres actifs qui pourraient être transformés en encaisse dans les 12 prochains mois, par exemple les comptes clients, les stocks et les placements que l’on peut convertir rapidement en liquidités;
  • les actifs à long terme : les biens et l’équipement que l’entreprise possède et utilise pour ses activités, achetés en vue d’une utilisation de plus d’un an, dont la valeur peut diminuer avec l’amortissement;
  • les passifs à court terme : les dettes et autres montants à payer dans les 12 prochains mois, comme les comptes fournisseurs, les soldes de cartes de crédit, les taxes de vente perçues, les passifs salariaux et les remboursements de prêts;
  • les passifs à long terme : les dettes et autres montants à payer dans plus d’un an, excluant les prêts à vue, par exemple les prêts à terme et les prêts hypothécaires;
  • les capitaux propres : les actions ordinaires et privilégiées, le capital d’apport et les bénéfices non répartis.

La BDC note aussi qu’un bilan peut s’appeler état de la situation financière, et que les notes afférentes aux états financiers expliquent les hypothèses utilisées pour l’établir, les comptables y indiquant la méthode comptable retenue. Ces notes valent la peine d’être lues avant de tirer quoi que ce soit des chiffres.

L’approche fondée sur l’actif : la valeur de l’actif net

Dans cette approche, la BDC part de l’actif net, soit les actifs de l’entreprise moins ses passifs; le guide Comment calcule-t-on la valeur d’une entreprise? la détaille.

Le glossaire de l’Institut des CBV définit l’approche basée sur la valeur des actifs, aussi appelée approche patrimoniale, comme une manière générale d’estimer la valeur d’une entreprise au moyen d’une sommation de la valeur de l’actif net des passifs, où chacun des actifs et chacun des passifs a été évalué en utilisant l’approche par le marché, l’approche par le résultat ou l’approche par les coûts. Le détail compte : ce sont des éléments réévalués un à un, et non des montants repris tels quels du bilan. Le glossaire décrit d’ailleurs l’approche par les coûts comme tenant compte du coût actuel de remplacement ou de reconstitution, de la détérioration physique et de toutes les autres formes pertinentes d’obsolescence.

Actifs corporels, actifs incorporels et fonds commercial

La BDC écrit que l’approche fondée sur l’actif tient compte des actifs corporels et incorporels détenus par l’entreprise. Les actifs corporels sont des biens physiques, comme les terrains, les constructions et l’équipement. Les brevets et le fonds commercial, eux, sont des actifs incorporels, car ils n’ont pas de forme physique.

Le glossaire de la BDC définit le fonds commercial comme un actif incorporel qui apparaît lorsqu’une entreprise en achète une autre pour une valeur supérieure à celle de ses actifs identifiables, et qui reflète la valeur supplémentaire provenant d’éléments comme la réputation et les relations avec la clientèle. Dans l’exemple de bilan que donne la BDC, le fonds commercial figure au poste « Brevets/fonds commercial ».

Ce que le bilan ne montre pas

L’Institut des CBV écrit qu’un expert en évaluation d’entreprises détermine des indicateurs de valeur qui favorisent une croissance rentable, notamment les actifs incorporels qui ne figurent jamais au bilan, comme les relations clients, les données et les capacités de la main-d’œuvre. C’est une limite du bilan comme point de départ : pour ces éléments, il faut chercher l’information ailleurs. Le glossaire de l’Institut des CBV décrit d’ailleurs, dans l’approche basée sur la valeur des actifs, la méthode fondée sur la valeur de l’actif net ajustée, selon laquelle l’actif et le passif d’une entreprise, y compris les actifs hors bilan, les actifs incorporels et les actifs ou passifs éventuels, sont ajustés à la valeur marchande ou à une autre norme de valeur appropriée.

Pour quelles entreprises l’approche convient, et pour lesquelles elle convient mal

La BDC écrit que l’approche fondée sur l’actif est souvent utilisée pour évaluer les entreprises qui possèdent de nombreux actifs physiques mais n’ont pas de fonds commercial ni d’actifs incorporels, par exemple les entreprises de construction ou les sociétés de portefeuille immobilières. Elle écrit à l’inverse que l’approche fondée sur les bénéfices est souvent utilisée pour les entreprises susceptibles d’avoir un fonds commercial considérable ou une valeur importante en propriété intellectuelle, comme les fabricants de logiciels. La BDC décrit là des usages fréquents, pas des règles qui excluraient une approche.

Comment la banque lit le bilan

Selon le glossaire de la BDC, les banques et les personnes qui désirent investir dans une entreprise consultent le bilan pour se faire une meilleure idée de sa santé financière avant d’investir ou de prêter. La BDC écrit aussi que les évaluateurs de la banque fixent des prix pour déterminer le montant du financement accordé, et que les banques suivent le même processus d’évaluation que les spécialistes, mais ont tendance à utiliser des hypothèses plus prudentes. Dans un article sur le financement par le vendeur, la BDC rapporte les propos d’une de ses spécialistes selon lesquels les banques préfèrent généralement les prêts garantis par des actifs comme des stocks, des actifs immobiliers ou de l’équipement, et une entreprise qui repose beaucoup sur sa propriété intellectuelle ou sa réputation peut avoir plus de mal à obtenir de la banque sa pleine valeur.

Pourquoi on confirme par d’autres méthodes

La BDC écrit que les évaluateurs cherchent généralement à confirmer l’évaluation fondée sur le BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) en calculant d’abord la valeur des actifs corporels et incorporels de l’entreprise, puis en la comparant au prix de vente d’entreprises comparables. Elle ajoute qu’ils se servent habituellement d’une combinaison de trois méthodes. Aucune des pages consultées ne dit qu’un bilan suffit à lui seul pour établir la valeur d’une entreprise; la BDC écrit plutôt que, vu la complexité du processus et des enjeux, il peut être utile de faire appel à un évaluateur professionnel, et judicieux de consulter aussi un spécialiste en fiscalité sur l’effet des options d’évaluation sur les responsabilités fiscales. Pour le calcul global, voir le guide sur le calcul de la valeur d’une entreprise.

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Qu’est-ce qu’un bilan? (Glossaire financier)
    bdc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  2. 02
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Comprendre la différence entre valeur et prix lors de l’achat ou de la vente d’une entreprise
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  3. 03
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Comment déterminer la valeur d’une entreprise que vous souhaitez acquérir
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  4. 04
  5. 05
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Qu’est-ce que le fonds commercial? (Glossaire financier)
    bdc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  6. 06
    Institut des CBVIndustrie
    Ce qu’un CBV peut faire pour vous
    cbvinstitute.com·Vérifié le 25 octobre 2026
  7. 07
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Tout ce qu’il faut savoir sur le financement par le vendeur
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026

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