FinancementGuide · 7 min de lecture

Combien peut-on emprunter pour acheter une entreprise?

Aucune source officielle ne fixe un montant d’emprunt valable pour tous : c’est l’institution financière qui décide, selon la transaction, l’entreprise et l’emprunteur. Seuls des plafonds de programme existent, comme celui du Programme de financement des petites entreprises du Canada, qui est de 1,15 million de dollars par emprunteur.

Ce guide explique ce qui détermine le montant qu’une personne peut emprunter pour acheter une entreprise au Québec, quels plafonds publient les programmes officiels et ce que les prêteurs demandent avant de se prononcer. Il s’appuie sur les pages officielles de la Banque de développement du Canada (BDC), d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), d’Investissement Québec et du gouvernement du Québec citées en bas de page. Il ne calcule aucun montant pour le lecteur.

La réponse courte : il n’existe pas de montant unique

Aucune des pages officielles consultées ne donne un montant maximal d’emprunt qui vaudrait pour toutes les acquisitions. Au sujet du Programme de financement des petites entreprises du Canada (PFPEC), la foire aux questions d’ISDE, modifiée le 9 juillet 2026, écrit qu’il appartient à l’emprunteur et au prêteur de négocier le montant approprié du prêt consenti. Les institutions financières, précise-t-elle, sont entièrement responsables de la décision d’octroyer un prêt. Du côté de la BDC, la page consacrée au prêt pour acheter ou vendre une entreprise indique que le montant de la mise de fonds requis dépend de la transaction, de la santé financière de l’entreprise et de la situation de l’acheteur, et que la BDC évalue l’ensemble de la structure de financement lors de l’examen de la demande.

Autrement dit, la bonne question n’est pas « combien le prêteur me donnera-t-il? », mais « qu’est-ce que le prêteur regarde, et quels repères officiels existent? ». Les sections suivantes répondent à ces deux volets. Elles ne remplacent pas la réponse d’une institution financière, qui est la seule à pouvoir dire ce qu’elle est prête à prêter dans une situation précise.

Ce que la BDC veut voir avant d’examiner une demande

La page de la BDC sur le prêt à l’achat d’une entreprise énumère ce qu’il faut avoir en main. Elle indique d’abord que l’entreprise visée doit être canadienne et générer des revenus. Elle précise ensuite les éléments suivants, qui décrivent un dossier déjà avancé :

  • une structure de transaction claire, qu’il s’agisse d’un achat d’actifs ou d’un achat d’actions;
  • un prix d’achat convenu, y compris la façon dont il a été déterminé;
  • une lettre d’intention et une date de clôture prévue;
  • le montant de la mise de fonds;
  • les avis de cotisation des deux dernières années de l’acheteur;
  • les états financiers ou les déclarations de revenus de l’entreprise.

La même page précise que la BDC n’offre pas de préqualification. Elle peut examiner une demande de financement une fois qu’une entreprise a été choisie et que les modalités principales ont été négociées. Il n’existe donc pas, chez elle, de montant « préapprouvé » à connaître avant de chercher une entreprise. Elle indique aussi qu’un prêt à l’achat d’entreprise vise l’acquisition d’une entreprise existante qui génère des revenus et dispose d’une clientèle établie, et que les personnes qui créent une nouvelle entreprise ou lancent une franchise sont invitées à consulter une autre page.

Les plafonds du Programme de financement des petites entreprises du Canada

Parmi les pages consultées, le seul repère chiffré publié par un organisme public pour ce genre de prêt est celui du PFPEC. Selon la page d’ISDE sur le programme (modifiée le 22 juin 2026), le programme aide les petites entreprises à obtenir des prêts auprès d’institutions financières en partageant les risques avec les prêteurs. Les petites entreprises canadiennes, existantes ou en démarrage, dont le chiffre d’affaires annuel brut est inférieur ou égal à 10 millions de dollars y sont admissibles. Les entreprises agricoles ne le sont pas.

Ces plafonds sont ceux qu’ISDE affichait à ces dates et ils peuvent changer. Le montant maximal de prêt pour un emprunteur est de 1,15 million de dollars. De ce montant, un emprunteur peut obtenir jusqu’à 1 000 000 $ en prêt à terme, dont un maximum de 500 000 $ peut servir aux améliorations locatives et à l’achat ou à l’amélioration de matériel neuf ou usagé, et un maximum de 150 000 $ aux biens incorporels ou aux coûts liés au fonds de roulement. La page ajoute un maximum de 150 000 $ pour les marges de crédit.

Ces chiffres sont des plafonds de programme, pas des montants offerts. Ils ne disent pas ce qu’un prêteur accordera à une personne donnée. Le programme ne finance pas non plus n’importe quelle composante d’un prix d’achat : la foire aux questions explique que l’achat d’actifs admissibles d’une entreprise en exploitation peut être financé, à hauteur du moindre du coût d’achat et de la valeur estimative des actifs admissibles. Elle invite à communiquer avec son institution financière avant d’engager des frais d’évaluation, afin de s’assurer que les autres conditions sont remplies.

Taux, frais et garanties du programme fédéral

ISDE publie aussi des maximums pour le coût du crédit. Pour les prêts à terme à taux variable, le taux maximal applicable est le taux préférentiel du prêteur plus 3 %. À taux fixe, c’est le taux hypothécaire pour résidences unifamiliales du prêteur, de même durée que le prêt, plus 3 %. Pour les marges de crédit, le maximum est le taux préférentiel du prêteur plus 5 %. Ce sont des maximums, non des taux offerts. Les droits d’enregistrement s’élèvent à 2 % du montant total prêté dans le cadre du programme pour les prêts à terme, et la foire aux questions précise que ce montant peut être financé dans le cadre du prêt.

Côté garanties, la page d’ISDE indique que les prêteurs peuvent prendre un cautionnement personnel non assorti d’une sûreté. Pour les biens immobiliers et le matériel, une sûreté doit être obtenue sur les biens financés. Pour les améliorations locatives, les logiciels, les biens incorporels, les coûts liés au fonds de roulement et le financement d’une marge de crédit, le prêteur doit obtenir une sûreté sur tout élément d’actif de l’entreprise. Ce qu’un prêteur exige concrètement, et le montant qu’il consent, restent sa décision.

La mise de fonds : pas de formule simple

Dans un article publié le 11 mars 2021, la BDC rapporte les propos d’une de ses directrices principales selon lesquels il n’existe pas de formule simple pour calculer le bon montant de mise de fonds, mais il est important de montrer que l’on prend aussi certains risques. L’article ajoute que les prêteurs tiennent souvent compte du fait que les propriétaires d’entreprise d’expérience ont probablement des moyens financiers différents de ceux d’une personne qui vient de se lancer en affaires, de sorte que le pourcentage peut varier. Il donne l’exemple d’une personne qui a travaillé de nombreuses années dans une entreprise et qui veut l’acheter : elle pourrait l’acquérir avec une mise de fonds moins élevée en faisant valoir qu’elle présente moins de risques qu’une personne étrangère à l’entreprise.

Cet article ne fixe aucune exigence, et la page de la BDC sur le prêt à l’achat d’entreprise dit que le montant de la mise de fonds requis dépend de la transaction. L’article rappelle par ailleurs qu’avant d’accepter de financer une transaction, la banque exigera un plan d’affaires détaillant l’orientation que l’acheteur veut donner à l’entreprise, ainsi que des projections financières.

Le financement par le vendeur et les autres sources

Au-delà de la mise de fonds, l’article de la BDC indique que le reste des fonds peut provenir de différentes sources : un prêt bancaire (créance prioritaire), un financement mezzanine (aussi appelé financement subordonné) et le financement par le vendeur. Dans ce dernier cas, la personne qui vend prend une partie du prix initial et accepte qu’on lui paie le solde plus tard. L’article précise que ce solde est habituellement garanti par un privilège sur les biens et les actifs de l’entreprise, et que ce privilège est alors subordonné à celui de la banque. Un autre article de la BDC, mis à jour le 7 novembre 2022, écrit que, dans presque tous les cas, le financement par le vendeur est considéré comme du financement subordonné aux prêts bancaires et à d’autres types de financement. Il recommande d’en parler le plus tôt possible au cours des négociations, idéalement lors de l’offre initiale.

Le même article rapporte qu’une banque peut préférer les prêts garantis par des actifs comme des stocks, des biens immobiliers ou de l’équipement. Pour une entreprise qui repose beaucoup sur sa propriété intellectuelle ou sur sa réputation, il peut être plus difficile d’obtenir de la banque la pleine valeur. La nature des actifs de l’entreprise visée est donc une question à aborder avec le prêteur.

Les ressources au Québec

Investissement Québec indique sur sa page de financement que ses prêts soutiennent des projets d’entreprise, y compris l’acquisition et le transfert d’entreprise, et qu’elle peut garantir des prêts et des marges de crédit accordés par d’autres institutions financières. La page lue ne publie ni montant ni critère : pour les connaître, il faut s’adresser directement à l’organisme. De son côté, la page du gouvernement du Québec sur l’accompagnement pour acheter ou vendre une entreprise explique que Repreneuriat Québec accompagne les acheteurs et les vendeurs d’entreprises partout au Québec, et qu’un service permet d’être mis en contact avec un conseiller de sa région pour être orienté vers les bons programmes et financements.

Questions à poser à un prêteur

  1. Quels documents faut-il fournir, et à quelle étape de la transaction la demande est-elle examinée?
  2. Le financement vise-t-il l’achat d’actifs ou d’actions, et cela change-t-il les conditions?
  3. Quelle mise de fonds la transaction suppose-t-elle, et le financement par le vendeur peut-il en faire partie?
  4. Quelles garanties le prêteur exigera-t-il?
  5. Y a-t-il des frais d’ouverture de dossier ou d’enregistrement, et peuvent-ils être financés?

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    Innovation, Sciences et Développement économique CanadaGouvernement
    Aider les petites entreprises à obtenir des prêts
    ised-isde.canada.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  2. 02
    Innovation, Sciences et Développement économique CanadaGouvernement
    Foire aux questions — Aux petites entreprises
    ised-isde.canada.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  3. 03
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Prêt pour l’achat d’une entreprise
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  4. 04
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Quelle est la mise de fonds minimale pour l’achat d’une entreprise?
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  5. 05
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Tout ce qu’il faut savoir sur le financement par le vendeur
    bdc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  6. 06
    Investissement QuébecGouvernement
    Financez vos projets d’entreprise
    investquebec.com·Vérifié le 23 octobre 2026
  7. 07
    Gouvernement du QuébecGouvernement
    Accompagnement pour acheter ou vendre une entreprise
    quebec.ca·Vérifié le 23 octobre 2026

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