English version
AchatGuide · 7 min de lecture

Comment acheter une ferme de poulets de chair au Québec?

Au Québec, produire du poulet visé par le Plan conjoint exige un quota des Éleveurs de volailles du Québec, et, selon le règlement, les Éleveurs n’en attribuent de nouveaux que par les programmes de démarrage et de relève. Une ferme s’acquiert donc avec le transfert de son quota, par le système centralisé ou, pour une exploitation complète, selon l’article 33.

Ce guide s’adresse à la personne qui songe à acheter une ferme de poulets de chair au Québec et qui veut savoir ce que les textes officiels exigent d’elle avant de s’engager. Il porte sur le Québec seulement et repose sur le Règlement sur la production et la mise en marché du poulet publié par LégisQuébec (texte à jour au 1er juillet 2026), sur la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche et sur les pages des Éleveurs de volailles du Québec, citées plus bas.

Faut-il un quota pour produire du poulet au Québec?

Oui, pour le poulet que vise le Plan conjoint des producteurs de volailles du Québec. L’article 1 du règlement prévoit que toute personne ou société qui produit et met en marché ce poulet doit être titulaire d’un quota attribué par les Éleveurs de volailles du Québec, sous réserve de l’article 4.1, qui permet aux Éleveurs d’autoriser un élevage à des fins d’étude ou de recherche. Le règlement définit le quota comme une autorisation de production exprimée en mètres carrés et confirmée par un certificat.

La Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche (article 93) est le fondement de cette mécanique : un office peut, par règlement, contingenter la production et la mise en marché du produit visé par son plan. Les Éleveurs de volailles du Québec écrivent de leur côté, sur leur page consacrée à l’achat de quota, que l’éleveur qui veut produire plus de 300 poulets par année doit acheter un quota ou avoir été sélectionné pour leur Programme de proximité. Sans quota, la terre et les bâtiments d’une ferme ne permettent donc pas, à eux seuls, de produire ce poulet.

Peut-on obtenir un nouveau quota plutôt que d’en acheter un?

Le règlement ferme presque cette porte. Selon son article 3, les Éleveurs n’attribuent pas de nouveaux quotas, sauf dans le cadre des programmes d’aide au démarrage et d’aide à la relève. Dans le programme de démarrage, l’article 21 prévoit que deux entreprises sont sélectionnées chaque année, après un appel de candidatures, pour recevoir chacune un prêt de quota de 1 000 m², lorsque l’augmentation de l’allocation de production de poulet du Québec pour le marché domestique, approuvée par Les Producteurs de poulet du Canada, atteint 2 %; si elle n’atteint que 1 %, une seule entreprise est sélectionnée.

Pour la relève, la page des Éleveurs annonce que l’édition 2026 attribuera au moins 5 prêts dans chacune des 5 régions de production, chaque candidat sélectionné recevant un prêt pouvant atteindre 300 m² de quota de poulet. La période de dépôt des candidatures va du 1er décembre 2026 au 31 janvier 2027 (page lue le 30 octobre 2026). Ces programmes sont des prêts de quota, soumis à leurs propres conditions : la page ne dit pas qui sera retenu, et ce guide non plus.

Comment le quota passe-t-il à l’acheteur d’une ferme?

L’article 4 interdit de transférer un quota, directement ou indirectement, autrement que selon le chapitre II du règlement. La règle de principe est à l’article 25 : tout quota se transfère par le système centralisé de vente de quota, sauf dans les cas que le règlement prévoit expressément. Les Éleveurs rappellent que, pour acheter du quota de poulet, on passe par ce système, qui sert à maintenir la gestion de l’offre, et que la plateforme est exploitée par le Groupe AGÉCO, une firme indépendante.

Qui peut y acheter? L’article 29 exige d’avoir au moins 18 ans ou, pour une personne morale, d’être sous le contrôle d’une personne majeure, et de déposer aux Éleveurs, avant l’échéance publiée sur leur site, une offre d’achat écrite sur le modèle de l’annexe 3.1, remplie et signée. L’article 25.1 ajoute que seule peut devenir titulaire d’un quota une personne physique, une société ou une personne morale autre que celle dont les actions sont inscrites en bourse.

Le cas particulier de la vente d’une exploitation complète

Quand c’est la ferme elle-même qui change de mains, l’article 33 permet de transférer le quota hors du système centralisé dans le cadre de la vente d’une exploitation complète. Le règlement la définit ainsi, entre autres cas : le transfert d’au moins un site de production détenu par le cédant, avec le fonds de terre et les bâtiments nécessaires à la production, et la totalité du quota qui y est exploité; ou l’acquisition de l’ensemble des participations d’une personne morale ou d’une société titulaire du quota qui détient aussi la terre et les bâtiments. D’autres cas, plus étroits, figurent dans le même article.

Deux conditions encadrent ce chemin. D’abord, l’article 34, sous réserve de l’article 104 : si la quantité transférée excède la capacité du site, additionnée de la quantité de location autorisée à l’article 37, l’excédent doit être mis en vente sur le système centralisé. Ensuite, l’article 34.1 : sous réserve des exceptions qu’il prévoit, personne ne peut changer le lieu d’exploitation d’un quota ainsi transféré, sauf s’il est produit, pendant les 60 périodes qui suivent le transfert, sur l’un des sites où il l’était auparavant. L’acheteur doit donc lire la liste des cas avant de supposer que son projet entre dans l’un d’eux.

La procédure est formelle. Selon l’article 35, la demande de transfert (modèle de l’annexe 4) se dépose aux Éleveurs au moins 22 semaines et au plus 365 jours avant le début de la période où le transfert doit entrer en vigueur; s’il s’agit d’une présomption de transfert, elle se dépose dans les 30 jours de l’opération qui la fait naître. Selon l’article 35.1, pour les transferts visés aux paragraphes 1, 2, 4, 5 et 6 de l’article 33, la demande inclut une déclaration sous serment du cédant attestant qu’aucune hypothèque ne grève le quota et le produit de son aliénation éventuelle, ou que le créancier consent à la cession.

Le poulailler : propriété ou bail à long terme

L’article 4.2 pose une condition qui touche directement l’achat d’une ferme : sous réserve de l’article 104, le titulaire et le cessionnaire d’un quota doivent en tout temps être propriétaires ou locataires à long terme d’une exploitation ou d’un poulailler. Pour une location, le bail doit durer au moins 60 périodes, ne pas être résiliable avant son terme et être publié au registre foncier. Le titulaire qui ne remplit pas ces conditions doit se départir de son quota dans les 60 jours de la réception d’un avis écrit des Éleveurs (article 4.3), faute de quoi les Éleveurs le mettent en vente sur le système centralisé.

Le règlement exige aussi que le quota soit produit. Sous réserve de l’article 104, l’article 26.2 oblige le producteur qui acquiert du quota à le produire, avec celui qu’il détenait déjà, conformément aux articles 5 et 5.1. L’article 5, sous réserve de l’article 104 et des autorisations que les Éleveurs peuvent accorder (articles 5.1 et 37.1, notamment), exige que le titulaire produise au moins 75 % de son quota dans l’exploitation dont il est propriétaire ou dans un poulailler loué selon l’article 4.2. Le quota acheté sur le système centralisé doit, lui, être produit en totalité dans un poulailler dont l’acheteur est propriétaire ou locataire selon l’article 4.2 (article 26.2, deuxième alinéa, sous réserve de la demande de versement à la réserve générale que permet le troisième). L’article 104 prévoit enfin un régime particulier, malgré les articles 4.2 et 5, pour un quota déjà loué à d’autres titulaires avant le 19 janvier 2010.

Ce que le quota ne règle pas

Le quota ne dit rien de la terre. Pour l’enregistrement de l’exploitation au MAPAQ et pour l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec, lisez d’abord le guide sur acheter une ferme au Québec et celui sur qui peut acheter une terre agricole au Québec. Retenez seulement ici que la page Québec.ca sur l’enregistrement le décrit comme optionnel, sauf dans les situations d’acquisition qu’elle précise, et que la Commission exige une autorisation pour acquérir une terre agricole de 4 hectares ou plus dans les cas qu’elle énumère. Pour le financement, voyez financer l’achat d’une ferme au Québec.

La Loi sur la mise en marché (article 61) prévoit par ailleurs que l’aliénation totale ou partielle de l’entreprise d’une personne engagée dans la mise en marché du produit visé n’invalide pas le plan conjoint, et que le nouvel acquéreur est lié par le plan comme s’il y était nommé. Les règles du plan ne disparaissent donc pas avec le vendeur.

Les questions à poser aux Éleveurs avant de s’engager

  • Le projet entre-t-il dans l’un des cas de l’article 33, ou le quota doit-il passer par le système centralisé?
  • Le calendrier de 22 semaines à 365 jours de l’article 35 est-il compatible avec la date de transfert envisagée?
  • Le poulailler sera-t-il détenu en propriété ou loué par un bail qui remplit les trois conditions de l’article 4.2?
  • Une hypothèque grève-t-elle le quota, et le créancier a-t-il consenti à la cession?
  • Quelle version du règlement s’applique? Il est modifié par décisions successives : confirmez le texte à jour sur LégisQuébec et auprès des Éleveurs.

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    LégisQuébec (Éditeur officiel du Québec)Gouvernement
    M-35.1, r. 292 - Règlement sur la production et la mise en marché du poulet
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 30 octobre 2026
  2. 02
    Les Éleveurs de volailles du QuébecIndustrie
    Achat de quota
    volaillesduquebec.qc.ca·Vérifié le 30 octobre 2026
  3. 03
    Les Éleveurs de volailles du QuébecIndustrie
    Programme de relève
    volaillesduquebec.qc.ca·Vérifié le 30 octobre 2026
  4. 04
    LégisQuébec (Éditeur officiel du Québec)Gouvernement
    M-35.1 - Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  5. 05
    Gouvernement du Québec (Québec.ca)Gouvernement
    Enregistrer une exploitation agricole
    quebec.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  6. 06
    Commission de protection du territoire agricole du QuébecOrganisme de réglementation
    Pourquoi demander une autorisation pour l’acquisition d’une terre agricole
    cptaq.gouv.qc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026

Deavo est une plateforme d’annonces et de publicité, et non un courtier, un cabinet d’avocats ni une firme d’évaluation. Cette page offre de l’information générale; elle ne constitue pas un avis juridique, fiscal, comptable ou d’évaluation, et les règles varient selon la province. Confirmez tout ce sur quoi vous vous appuyez auprès d’un professionnel qualifié avant d’agir.