Peut-on obtenir un prêt d’entreprise avec un mauvais dossier de crédit?
Un mauvais dossier de crédit ne tranche pas la question à lui seul, mais il compte. Selon l’ACFC, il aide les prêteurs à décider s’ils peuvent vous faire confiance pour rembourser, et BDC range une cote de crédit personnelle minimale parmi les critères de son Prêt petites entreprises, sans en garantir l’approbation. Aucune des sources officielles lues ne promet qu’un prêt sera accordé.
Ce guide examine ce que les pages officielles disent du rôle du dossier de crédit dans une demande de prêt d’entreprise, et de ce qu’une personne qui vit au Québec peut faire pour consulter et corriger le sien. Il s’appuie sur les pages de BDC, de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC), d’Éducaloi, d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) et d’Investissement Québec, citées en bas de page. Il ne promet pas qu’un prêt soit accordé et ne dit pas à quel prêteur s’adresser.
La réponse courte : le dossier compte, sans décider seul
Selon l’ACFC, le dossier de crédit est un résumé de la façon dont une personne a utilisé le crédit dans le passé, et il aide les prêteurs à décider s’ils peuvent lui faire confiance pour rembourser. Elle écrit aussi qu’un mauvais historique, ou un historique limité, peut compliquer l’emprunt. À l’inverse, rien dans les pages lues n’indique qu’un dossier imparfait ferme automatiquement la porte : la décision appartient au prêteur, et BDC écrit que chaque demande de son Prêt petites entreprises est évaluée individuellement.
BDC en offre un exemple précis. Pour son Prêt petites entreprises, elle publie une liste de critères, dont une cote de crédit personnelle minimale, et précise que ces critères peuvent augmenter les chances d’admissibilité sans en garantir l’approbation. Ce critère appartient à ce produit : la page de BDC sur le prêt pour l’achat d’une entreprise ne mentionne pas de seuil de cote et parle plutôt des avis de cotisation des deux dernières années et des états financiers ou déclarations de revenus de l’entreprise.
Ce que contient le dossier, et comment on en obtient une copie
La cote de crédit est un nombre de trois chiffres tiré du dossier, qui montre dans quelle mesure on est susceptible de rembourser ce qu’on emprunte. L’ACFC indique (page du 1er juillet 2026) que les cotes se situent généralement entre 300 et 900 et qu’une cote plus élevée est préférable, que bureaux de crédit et prêteurs utilisent des formules différentes, et que la cote qu’une personne voit peut différer de celle du prêteur. Au Canada, les deux principaux bureaux de crédit sont Equifax et TransUnion, qui mettent le dossier à jour au moins une fois par mois.
L’ACFC écrit qu’on peut accéder gratuitement à son dossier en ligne auprès de ces deux bureaux, ou leur demander de poster une copie gratuite, par formulaire accompagné de photocopies de deux pièces d’identité valides. Pour la cote, elle précise que TransUnion la fournit gratuitement aux personnes qui habitent au Québec ou en Ontario, et que certaines institutions financières sous réglementation fédérale la donnent dans leur application bancaire. Elle met en garde contre les fraudeurs qui font semblant d’offrir des dossiers ou des cotes gratuits pour voler des renseignements personnels.
Selon Éducaloi, l’accès par Internet est gratuit, tandis que le bureau peut exiger des frais raisonnables pour une copie postale ou un gel de sécurité. La Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (art. 32) exige une réponse écrite à une demande d’accès ou de rectification, avec diligence et au plus tard dans les 30 jours de sa réception; Éducaloi rappelle que ce délai s’applique aux bureaux de crédit. Éducaloi ajoute que les vieilles informations ne restent au dossier que pendant une durée maximale, après quoi le bureau a l’obligation de les détruire. Les pages lues portent sur le dossier de crédit personnel; aucune source officielle en français consultée pour ce guide ne décrit les agences qui tiennent un dossier de crédit d’entreprise.
Corriger une erreur au dossier
Si une information est inexacte, Éducaloi explique qu’on peut demander au bureau de la retirer ou, s’il refuse, d’ajouter une note explicative présentant sa version des faits, sans diffamation. Si le bureau ne répond pas ou refuse, Éducaloi indique que, pour une demande de rectification, on peut s’adresser à la Commission d’accès à l’information. Dans les autres cas, c’est la Commission si le bureau a explicitement refusé la demande, et l’Autorité des marchés financiers s’il n’a pas répondu ou n’a pas donné suite à une demande acceptée. Toujours selon Éducaloi, une personne ou une entreprise, comme une institution financière, ne peut consulter le dossier que si c’est vraiment nécessaire pour le produit ou le service offert, et elle doit obtenir le consentement de la personne.
Ce que l’ACFC dit de l’amélioration d’une cote
L’ACFC présente l’historique de paiement comme l’élément le plus important de la cote, et recommande de payer à temps et de communiquer avec le prêteur immédiatement si l’on croit ne pas pouvoir faire un paiement. Elle explique que les prêteurs examinent le taux d’utilisation du crédit, soit la part de la limite de crédit qu’on utilise, et conseille de garder ce taux bas. Elle ajoute que, lorsqu’un prêteur vérifie le dossier, le bureau de crédit y note la demande, et que les demandes de crédit influent sur la cote. Ces conseils décrivent comment la cote est construite; ils ne garantissent pas un résultat.
Les garanties de prêt, du côté du prêteur
Certains programmes publics s’adressent au prêteur plutôt qu’à l’emprunteur. Dans le Programme de financement des petites entreprises du Canada, ISDE écrit que les décisions relèvent entièrement des institutions financières, qui doivent exercer la même attention que pour des prêts ordinaires de montants semblables. La page du programme ajoute que le prêteur peut prendre un cautionnement personnel non assorti d’une sûreté. Investissement Québec indique pour sa part, sur une page non datée lue le 25 octobre 2026, qu’elle propose une garantie à l’institution financière qui accorde un prêt, une marge de crédit ou une lettre de crédit, et que des sûretés et des cautions mobilières ou immobilières peuvent être exigées.
Ces pages ne disent pas qu’un mauvais dossier est accepté ou refusé : elles décrivent les conditions que le prêteur peut poser. BDC précise aussi qu’elle n’offre pas de préqualification pour l’achat d’une entreprise et qu’elle examine la demande une fois l’entreprise choisie et les modalités principales négociées.
Avant de déposer une demande
- Consulter son dossier auprès d’Equifax et de TransUnion par les voies gratuites décrites par l’ACFC, et relever toute information inexacte.
- Vérifier les critères publiés pour le produit visé, sachant qu’ils n’en garantissent pas l’approbation.
- Rassembler les pièces que BDC nomme pour l’achat d’une entreprise : avis de cotisation, états financiers ou déclarations de revenus.
- Prévoir que le prêteur peut demander une caution ou des sûretés.
Pour la suite, voir Combien peut-on emprunter pour acheter une entreprise?, les aides pour reprendre une entreprise et Qu’est-ce qui détermine le taux d’intérêt d’un prêt. Les entreprises à vendre au Québec figurent dans la section des annonces québécoises.
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Sources
Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.
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- 02Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC)GouvernementPrincipes de base des dossiers et des cotes de crédit
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