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FinancementGuide · 6 min de lecture

Prêt hypothécaire commercial ou prêt d’acquisition d’entreprise : quelle différence?

Le prêt hypothécaire commercial est garanti par un immeuble commercial, par une hypothèque immobilière inscrite au Registre foncier. Le prêt d’acquisition d’entreprise est garanti, selon la BDC, par des actifs de l’entreprise (comptes clients, stocks, équipement); au Québec, sur ces biens meubles, la garantie est une hypothèque mobilière publiée au RDPRM. Un achat avec l’immeuble peut combiner les deux.

Ce guide distingue deux prêts que l’on confond facilement quand on achète une entreprise avec ses murs : le prêt hypothécaire commercial et le prêt d’acquisition d’entreprise. Il s’appuie sur les pages officielles citées en bas de page : le Code civil du Québec, Québec.ca (Registre foncier), le registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM), la Banque de développement du Canada (BDC) et Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE). Il porte sur le Québec et ne donne aucun taux, aucun montant ni aucun conseil de choix.

Deux prêts, deux garanties

La différence tient d’abord à ce qui garantit le prêt. La BDC définit l’hypothèque commerciale comme un prêt garanti par un immeuble commercial, qui sert de garantie, et précise qu’elle est généralement utilisée pour acheter, refinancer ou rénover une propriété. Sur la page qu’elle consacre au financement d’une acquisition, elle décrit autrement le prêt de l’institution prêteuse principale : un prêt garanti par des actifs de l’entreprise, où l’institution détient une charge de premier rang à l’égard d’actifs comme les comptes clients, les stocks, les biens immobiliers et l’équipement.

L’expression « prêt d’acquisition d’entreprise » est celle de ce guide, non un terme du Code civil ni un produit défini par une loi. Elle désigne ici le prêt qui sert à acheter l’entreprise elle-même. Les deux prêts ne s’excluent pas : quand les biens de l’entreprise comprennent un immeuble, la page de la BDC cite les biens immobiliers parmi les actifs visés par la charge de premier rang.

Le prêt hypothécaire commercial : une hypothèque immobilière

Selon l’article 2660 du Code civil, l’hypothèque est un droit réel sur un bien, meuble ou immeuble, affecté à l’exécution d’une obligation. Elle donne au créancier le droit de suivre le bien en quelques mains qu’il soit, de le prendre en possession ou en paiement, de le vendre ou de le faire vendre, et d’être préféré sur le produit de la vente suivant le rang fixé par le Code. Éducaloi, qui écrit à propos de la maison, décrit le même mécanisme : l’hypothèque reste attachée à l’immeuble même s’il change de propriétaire, ce que l’on appelle le droit de suite.

L’article 2693 exige que l’hypothèque immobilière soit constituée, à peine de nullité absolue, par acte notarié en minute. Le notaire est donc au cœur de ce prêt. Pour son propre financement immobilier commercial, la BDC indique que les garanties sont habituellement la propriété elle-même et, dans certains cas, une garantie personnelle ou corporative, et que le financement doit servir à l’acquisition, à la construction, à la rénovation d’un immeuble ou à d’autres dépenses connexes. Elle prévient que les taux varient d’un client à l’autre et qu’il n’est pas possible d’en fournir une fourchette précise; ce guide n’en cite donc aucun.

Le prêt d’acquisition : une hypothèque sur les biens de l’entreprise

Quand la garantie porte sur l’équipement, les stocks et les créances, le droit applicable est l’hypothèque mobilière. L’article 2665 la distingue de l’hypothèque immobilière selon qu’elle grève un meuble ou un immeuble, ou une universalité mobilière ou immobilière, et l’article 2666 permet de grever un ou plusieurs biens particuliers ou un ensemble de biens compris dans une universalité. Selon l’article 2684, sous réserve de l’exception de l’article 2684.1, seule la personne, la société ou le fiduciaire qui exploite une entreprise peut consentir une hypothèque sur une universalité de biens, présents ou à venir, corporels ou incorporels; l’article 2686 réserve aux mêmes la possibilité de consentir une hypothèque ouverte sur les biens de l’entreprise.

Les exigences de forme sont plus légères que pour l’immeuble. L’article 2696 impose, à peine de nullité absolue, un écrit pour l’hypothèque mobilière sans dépossession (l’article 2692 exige toutefois l’acte notarié en minute pour l’hypothèque consentie en faveur d’un fondé de pouvoir des créanciers), et l’article 2697 demande une description suffisante du bien ou, pour une universalité de meubles, l’indication de la nature de cette universalité. L’emprunteur doit aussi tenir compte des conditions que la BDC décrit, de façon générale, pour le prêt principal : le remboursement est exigé au terme d’une période relativement courte, avec très probablement des paiements mensuels et d’autres conditions, comme le maintien de certains ratios d’endettement qu’on appelle clauses restrictives financières.

Comment chaque garantie se publie

Selon l’article 2663, l’hypothèque doit être publiée pour que les droits qu’elle confère soient opposables aux tiers. L’hypothèque immobilière se publie au Registre foncier : Québec.ca écrit que l’inscription d’une transaction rend publics les droits sur un immeuble situé au Québec et que ces droits deviennent opposables à toute personne, tout en rappelant que le registre ne crée aucun droit.

L’hypothèque sur des biens d’entreprise se publie au RDPRM. La page du registre indique qu’un droit sur un bien meuble doit y être inscrit lorsqu’il vise un bien d’entreprise, par exemple de l’équipement, des outils, de l’inventaire ou une créance, et qu’un droit inscrit est considéré comme connu de toute personne. Selon l’article 2950, l’hypothèque qui grève une universalité de meubles ne prend rang, à l’égard de chaque meuble, qu’à compter de l’inscription au registre. Quand un meuble est incorporé à un immeuble, l’article 2796 permet que l’hypothèque mobilière subsiste comme hypothèque immobilière si elle est inscrite au Registre foncier.

Le programme fédéral qui touche aux deux

Le Programme de financement des petites entreprises du Canada, décrit par ISDE sur une page modifiée le 22 juin 2026, aide les petites entreprises à obtenir des prêts auprès d’institutions financières en partageant les risques avec les prêteurs. ISDE précise que les institutions financières offrent le programme et sont entièrement responsables de l’approbation du prêt. Ses prêts à terme peuvent financer l’achat ou l’amélioration de terrains ou d’immeubles utilisés pour exploiter un commerce, l’achat ou l’amélioration de matériel neuf ou usagé, l’achat d’améliorations locatives, ainsi que les biens incorporels et les coûts liés au fonds de roulement.

La garantie diffère selon le poste financé, ce qui rejoint le thème de ce guide. Pour les biens immobiliers et le matériel, une sûreté doit être obtenue sur les biens financés; pour les améliorations locatives, les logiciels, les biens incorporels, le fonds de roulement et les marges de crédit, le prêteur doit obtenir une sûreté sur tout élément d’actif de l’entreprise. Selon la même page, les prêteurs peuvent aussi prendre un cautionnement personnel non assorti d’une sûreté. La page ne dit pas que le programme finance l’achat d’actions, et ce guide ne l’affirme pas non plus.

Quand l’achat comprend aussi l’immeuble

Une vente où l’acheteur reprend l’entreprise et l’immeuble où elle s’exerce peut donc faire naître deux sûretés distinctes, chacune avec son registre, son rang et sa forme. Si le prêteur exerce un jour son droit hypothécaire, l’article 2757 exige qu’il produise un préavis au bureau de la publicité des droits, avec la preuve de la signification au débiteur et aux autres personnes visées. Les critères que les prêteurs appliquent sont expliqués dans le guide sur le financement de l’achat, et la question d’acheter ou non les murs est traitée dans acheter l’entreprise ou aussi l’immeuble.

Côte à côte

  • Garantie : un immeuble commercial pour l’un; les actifs de l’entreprise (créances, stocks, équipement) pour l’autre.
  • Forme de l’hypothèque : acte notarié en minute pour l’immeuble (art. 2693); écrit pour le meuble sans dépossession (art. 2696, sauf le cas de l’art. 2692).
  • Publicité : Registre foncier pour l’immeuble; RDPRM pour les biens d’entreprise.
  • Qui peut grever une universalité de biens : seule l’exploitante ou l’exploitant d’une entreprise (art. 2684, sous réserve de l’art. 2684.1).
  • Rang, selon la BDC : dans une acquisition, la charge de premier rang du prêteur principal vise des actifs comme les comptes clients, les stocks, les biens immobiliers et l’équipement.

Pour comparer des offres, il reste à lire les conditions de chaque prêteur. Le guide sur les taux d’intérêt d’un prêt d’achat rappelle ce qui se compare, et celui sur les aides pour reprendre une entreprise fait le tour des programmes publics.

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    LégisQuébecGouvernement
    Code civil du Québec (RLRQ, c. CCQ-1991)
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  2. 02
    ÉducaloiIndustrie
    L’hypothèque immobilière
    educaloi.qc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  3. 03
    Gouvernement du Québec (Québec.ca, Registre foncier)Gouvernement
    Publicité foncière
    quebec.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  4. 04
    Ministère de la Justice du Québec (RDPRM)Gouvernement
    Qu’est-ce que le RDPRM? (copie de l’Internet Archive, saisie le 2026-10-08)
    web.archive.org·Vérifié le 25 octobre 2026
  5. 05
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Prêt pour immobilier commercial
    bdc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  6. 06
    Innovation, Sciences et Développement économique CanadaGouvernement
    Aider les petites entreprises à obtenir des prêts
    ised-isde.canada.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  7. 07
    Banque de développement du Canada (BDC)Gouvernement
    Comment financer l’acquisition d’une entreprise
    bdc.ca·Vérifié le 27 octobre 2026

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