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AchatGuide · 6 min de lecture

Comment acheter une entreprise de courtage en douane au Québec?

L’agrément de courtier en douane est délivré par l’Agence des services frontaliers du Canada, non par le Québec, et il ne se vend pas comme un actif. L’ASFC doit être avisée d’un changement de propriétaire, un nouvel agrément s’impose si le titulaire original cesse d’exister, et le changement de propriétaire n’est pas permis pour un propriétaire unique ni pour une société de personnes composée de particuliers.

Ce guide s’adresse à la personne qui envisage d’acheter une entreprise de courtage en douane établie au Québec. Les règles qui comptent le plus sont fédérales : elles viennent de la Loi sur les douanes, du Règlement sur l’agrément des courtiers en douane et des mémorandums de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), et elles s’appliquent de la même façon au Québec. Le guide s’appuie sur ces pages officielles et sur celles d’Éducaloi, citées plus bas, pour la partie de droit civil québécois. Il ne contient aucun prix ni aucun revenu.

Ce que l’ASFC agrée, et pourquoi cela change la façon d’acheter

Selon le mémorandum D1-8-1 de l’ASFC (30 mars 2026), seul un courtier en douane agréé peut déclarer en détail des marchandises et acquitter les droits, en qualité de mandataire du propriétaire ou de l’importateur. Sous réserve des règlements, l’article 9 de la Loi sur les douanes autorise le ministre ou son délégué à agréer un courtier, et le ministre à modifier, suspendre, renouveler, annuler ou rétablir un agrément; il réserve l’exercice de la profession aux titulaires et aux personnes qu’ils autorisent et qui remplissent les conditions réglementaires, sans interdire à quiconque d’accomplir pour son compte, ou comme mandataire dûment autorisé, les opérations prévues par la Loi. L’agrément n’est donc pas un permis du Québec : il est accordé à une personne ou à une entité précise, et c’est cette entité qu’il faut regarder avant d’acheter.

Il peut être octroyé à un particulier, à une société ou à une société de personnes. Une société qui le demande doit avoir été constituée au Canada, la majorité de ses administrateurs doivent être citoyens ou résidents permanents du Canada, la société et ses administrateurs doivent jouir d’une bonne réputation, et au moins un dirigeant doit être un dirigeant qualifié. La société doit aussi avoir les ressources financières nécessaires pour mener ses affaires de façon responsable.

Le dirigeant qualifié et l’examen de compétences

Toute entité qui agit comme courtier doit compter un dirigeant qualifié : pour une société, un associé, un administrateur ou un dirigeant; pour un propriétaire unique, le propriétaire lui-même. L’article 4 du règlement exige une connaissance suffisante de la législation et des formalités relatives aux importations et aux exportations, établie par une note d’au moins 60 % à l’examen de compétences professionnelles, sous réserve des délais et de l’exception que cet article prévoit. Le mémorandum D1-8-3 (16 janvier 2026) décrit un examen d’une séance de trois heures à choix multiples, dont la note de passage est de 60 %, et précise que le réussir ne suffit pas à être courtier : le titre est réservé aux titulaires d’un agrément.

La qualification ne se conserve pas sans pratique. Le mémorandum D1-8-1 indique que, pour demeurer admissible, la personne doit travailler dans l’industrie à titre de dirigeant qualifié ou d’employé d’un courtier agréé, et qu’une interruption de service peut lui faire perdre cette admissibilité. Pour un acheteur, c’est une question de continuité : selon le paragraphe 17 du mémorandum, en cas d’absence imprévue, comme une cessation d’emploi subite, le bureau peut poursuivre ses activités sans dirigeant qualifié pendant au plus 90 jours civils avec la permission de l’ASFC, et l’agrément pourrait être annulé si le dirigeant qualifié n’est pas remplacé avant la fin de cette période. Le mémorandum ajoute que les courtiers qui sont des propriétaires uniques ne peuvent pas changer de dirigeant qualifié.

Changement de propriétaire : avis, nouvel agrément ou impossibilité

Le mémorandum D1-8-1 traite expressément du changement de propriétaire. Pour une société, le titulaire existant doit informer l’ASFC sur le portail client de la GCRA (PCG) le plus tôt possible avant la date d’entrée en vigueur du changement de propriétaire, avec des renseignements sur le nouveau propriétaire, et l’ASFC accuse réception du changement une fois les enquêtes terminées, le cas échéant. Le règlement lui-même oblige le courtier à aviser le ministre « immédiatement par écrit » de toute modification du titre de propriété de l’entreprise et des changements parmi les dirigeants ou les administrateurs (article 14). Le défaut d’aviser peut entraîner des pénalités du régime de sanctions administratives pécuniaires.

  • la personne morale titulaire doit continuer d’exister après le changement : si le titulaire original cesse d’exister, une nouvelle demande est nécessaire (paragraphe 49 du mémorandum);
  • selon l’exemple même de l’ASFC, si une autre société achète les biens d’un courtier agréé et que la première société est ensuite dissoute, l’agrément n’est plus valide et l’acheteuse doit demander le sien;
  • pour un propriétaire unique ou une société de personnes composée de particuliers, le changement de propriétaire n’est pas permis, parce que l’agrément est accordé au particulier ou à la société de personnes (paragraphe 50);
  • une fusion doit aboutir à une personne morale qui existait et était agréée avant la fusion; sinon, une nouvelle demande s’impose (paragraphe 51).

Dans un achat d’actions, la société titulaire continue d’exister, comme l’exige le paragraphe 49, mais l’ASFC doit tout de même être avisée et mène ses enquêtes; dans l’exemple de l’ASFC, l’achat des biens suivi de la dissolution du vendeur oblige l’acheteuse à demander son propre agrément. Éducaloi décrit cette différence en droit civil : l’acheteur d’actions prend la place du vendeur, avec les contrats, les dettes et les obligations, tandis que l’acheteur des actifs ne reprend ni les contrats ni les dettes. Ce que l’ASFC acceptera se confirme auprès d’elle, et non dans le contrat de vente.

Demande, enquête, garantie et renouvellement

Pour une demande complète, l’ASFC indique un processus d’environ trois mois, de la présentation à l’approbation. Elle mène une enquête sur les dirigeants qualifiés, les administrateurs et les associés pour établir leur bonne réputation : casiers judiciaires, antécédents de conformité à l’ASFC et de crédit, références personnelles et professionnelles. Le formulaire L60 et une attestation de vérification de casier judiciaire avec prise d’empreintes digitales, valide six mois, y servent. Une garantie de 50 000 $ doit être fournie avant l’octroi ou le renouvellement, selon le Règlement sur l’agrément des courtiers en douane (à jour au 30 septembre 2026).

L’agrément est valide jusqu’au 31 mars suivant la date d’entrée en vigueur ou de renouvellement. Les frais annuels sont mis à jour chaque année : le montant en vigueur se lit sur la page des courtiers en douane agréés de l’ASFC. L’article 18 du règlement permet au ministre ou à son délégué de suspendre ou d’annuler un agrément pour les motifs qu’il énumère, dont l’omission de se conformer au règlement, l’insolvabilité ou la faillite du courtier et le fait qu’il cesse de remplir les conditions, après lui avoir donné un préavis de 30 jours, des renseignements sur les faits reprochés et la possibilité de présenter ses objections. Le courtier doit en outre conserver certains documents six ans après l’importation des marchandises auxquelles ils se rapportent (article 17).

La partie québécoise : employés, contrats et registre des entreprises

L’article 2097 du Code civil du Québec et l’article 97 de la Loi sur les normes du travail posent que l’aliénation de l’entreprise ne met pas fin au contrat de travail ni à l’application des normes. Éducaloi confirme que les contrats des employés demeurent valides tant que l’acheteur continue d’exploiter l’entreprise, que la vente porte sur des actifs ou des actions. Selon l’article 41 de la Loi sur la publicité légale des entreprises, l’assujetti met à jour les informations du registre dans les 30 jours d’un changement, à moins que la loi ne prévoie un délai plus court et sous réserve des exemptions de l’article 44; l’article 45 lui impose aussi une déclaration de mise à jour annuelle.

Pour le reste de la démarche, la vérification diligente, le guide Acheter une entreprise au Québec et le rôle de l’avocat s’appliquent. Une autre activité réglementée liée à la logistique est décrite dans Acheter une entreprise de transport au Québec, et le guide Vendre une entreprise de transport présente l’autre côté d’une transaction semblable.

Sources

Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.

  1. 01
    Agence des services frontaliers du Canada (ASFC)Gouvernement
    Mémorandum D1-8-1 : Agrément des courtiers en douane
    cbsa-asfc.gc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  2. 02
    Ministère de la Justice du CanadaGouvernement
    Règlement sur l’agrément des courtiers en douane (DORS/86-1067)
    laws-lois.justice.gc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  3. 03
    Ministère de la Justice du CanadaGouvernement
    Loi sur les douanes (L.R.C. (1985), ch. 1 (2e suppl.)), art. 9
    laws-lois.justice.gc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  4. 04
    Agence des services frontaliers du Canada (ASFC)Gouvernement
    Mémorandum D1-8-3 : Examen de compétences professionnelles des courtiers en douane de l’Agence des services frontaliers du Canada
    cbsa-asfc.gc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  5. 05
    ÉducaloiIndustrie
    Acheter une entreprise
    educaloi.qc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  6. 06
    ÉducaloiIndustrie
    Achat d’entreprise : qu’arrive-t-il aux contrats?
    educaloi.qc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  7. 07
    LégisQuébecGouvernement
    Code civil du Québec (RLRQ, c. CCQ-1991)
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 23 octobre 2026
  8. 08
    LégisQuébecGouvernement
    N-1.1 - Loi sur les normes du travail
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 25 octobre 2026
  9. 09
    Government of Québec (Légis Québec)Gouvernement
    P-44.1 - Loi sur la publicité légale des entreprises
    legisquebec.gouv.qc.ca·Vérifié le 24 octobre 2026

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