Peut-on acheter une franchise sans mise de fonds?
Aucune des pages officielles lues ne promet une franchise sans mise de fonds. La BDC écrit qu’il faut avoir de l’argent de côté, et le Programme de financement des petites entreprises du Canada laisse chaque prêteur décider du prêt et l’oblige à obtenir une sûreté.
Ce guide répond à une question précise : existe-t-il, au Québec, une façon d’acheter une franchise sans y investir de capital personnel? Il repose sur les pages de la Banque de développement du Canada (BDC), d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) et d’Investissement Québec citées en bas de page. Il ne contient ni prix, ni frais de franchise, ni estimation de coût, et il ne dit à personne s’il faut acheter ou non.
Une franchise sans mise de fonds : ce que disent les sources
Aucune des pages lues ne présente un moyen d’acquérir une franchise sans y mettre d’argent de sa poche. Dans son article sur le financement d’une franchise, la BDC écrit au contraire : « Vous devez avoir de l’argent de côté, que ce soit vos propres avoirs ou vos réserves en banque. » Elle invite aussi à évaluer sa capacité à investir dans l’entreprise et à prévoir des liquidités pour couvrir les coûts d’exploitation.
Sur l’achat d’une entreprise en général, un autre article de la BDC explique qu’il n’existe pas de formule simple pour fixer le bon montant d’une mise de fonds, mais qu’il importe de montrer que l’on prend aussi certains risques. Selon la BDC, la meilleure façon de le démontrer est d’avoir une mise de fonds importante. Le même article ajoute que le pourcentage peut varier : une personne qui a travaillé de nombreuses années dans une entreprise et veut maintenant l’acheter pourrait l’acquérir avec une mise de fonds moins élevée. Cet article porte sur l’achat d’entreprise, pas sur la franchise en particulier. Le guide Acheter une entreprise sans mise de fonds reprend ce sujet pour l’ensemble des commerces.
Ce que le Programme de financement des petites entreprises du Canada permet de financer
Selon ISDE, le Programme de financement des petites entreprises du Canada aide les petites entreprises à obtenir des prêts auprès d’institutions financières, en partageant les risques avec les prêteurs. Parmi les exemples de coûts qu’un prêt à terme peut financer, la page du programme nomme « des coûts pour l’achat d’une franchise », à côté du matériel, des améliorations locatives, des biens incorporels et du fonds de roulement. Le programme s’adresse aux petites entreprises canadiennes, existantes ou en démarrage, dont le chiffre d’affaires annuel brut est inférieur ou égal à 10 millions de dollars (page d’ISDE modifiée le 22 juin 2026).
Le programme n’est toutefois pas un prêt du gouvernement. La foire aux questions d’ISDE (modifiée le 9 juillet 2026) précise que le programme est offert par les institutions financières en partenariat avec le gouvernement fédéral, qu’elles sont entièrement responsables de la décision d’octroyer un prêt, que l’argent versé est celui de l’institution et non celui du gouvernement, et qu’elles doivent y apporter la même attention et les mêmes procédures qu’à des prêts ordinaires de montants similaires. Elle indique aussi que la décision d’octroyer des prêts dans le cadre du programme relève de chaque institution, et qu’il appartient à l’emprunteur et au prêteur de négocier le montant approprié du prêt.
Sûretés, cautionnement et dossier : ce que le prêteur peut exiger
Le programme oblige le prêteur à obtenir une sûreté, et ISDE en précise la portée poste par poste. Un prêt qui finance des biens immobiliers ou du matériel s’appuie sur une sûreté prise sur ces biens; un prêt qui finance des améliorations locatives, des logiciels, des biens incorporels ou des coûts de fonds de roulement exige une sûreté sur tout élément d’actif de l’entreprise. La même page indique que les prêteurs peuvent aussi prendre un cautionnement personnel non assorti d’une sûreté. Le programme ne dispense donc pas l’emprunteur de fournir des garanties.
Du côté du dossier, la BDC écrit que les institutions financières exigent habituellement une version préliminaire du contrat de franchise, le bilan personnel de la personne qui achète la franchise, y compris sa valeur nette, et un plan d’affaires. La situation financière de celui ou celle qui achète fait donc partie de ce que le prêteur examine.
Le fonds de roulement n’est pas compris dans le prix de la franchise
La BDC rappelle que le prix d’une franchise ne comprend pas le fonds de roulement nécessaire pour la rendre opérationnelle, et que des propriétaires d’entreprise manquent de liquidités quelques mois seulement après l’achat. Elle recommande d’inclure un fonds de roulement suffisant dans la demande de prêt, et de se demander si l’on serait en mesure d’injecter des capitaux si les ventes n’étaient pas aussi bonnes que prévu. Dans sa présentation du franchisage, la BDC énumère aussi ce qu’il faut prévoir au départ : frais de lancement, redevances de franchise, dépenses pour l’équipement et les stocks, et capital initial, afin d’éviter une situation d’insuffisance de capital.
La BDC signale enfin que les contrats de franchise peuvent être très différents d’une société franchiseuse à l’autre, et qu’il est primordial de savoir qui détient véritablement le bail du local occupé, ainsi que les modalités de remboursement, de redevances ou de partage des revenus. Le guide Reprendre une franchise existante s’attarde sur le cas d’une franchise déjà en exploitation.
Financement par le vendeur et aides québécoises
La BDC décrit le financement par le vendeur comme une forme de prêt pour l’acquisition d’une entreprise, où une partie du prix d’achat est conservée en tant que prêt de la personne qui vend. Selon la BDC, son avantage le plus évident est de pouvoir conclure une transaction lorsqu’on ne peut pas recueillir la totalité du prix par d’autres méthodes, et il fait souvent partie d’un plan qui comprend aussi un investissement de l’acheteur et un prêt bancaire. Les pages lues pour ce guide ne décrivent pas de financement offert par le franchiseur : s’il en existe un, il se trouve dans le document de présentation et le contrat de la franchise concernée.
Du côté québécois, Investissement Québec indique que la réception des demandes au Fonds de transfert d’entreprise du Québec a pris fin le 31 décembre 2025 (page mise à jour à cette date). Ce fonds visait le transfert d’entreprises québécoises, et il exigeait lui aussi un apport : le repreneur devait s’engager à travailler à temps plein dans l’entreprise et à injecter une mise de fonds minimale de 50 000 $, selon la même page. Le guide Les aides pour reprendre une entreprise fait le tour des programmes québécois et fédéraux.
Le guide Acheter une franchise au Québec traite du contrat de franchise et des règles qui l’encadrent au Québec.
Questions à poser avant de déposer une demande
- Cette institution financière offre-t-elle le Programme de financement des petites entreprises du Canada, et accepte-t-elle de l’appliquer à ce dossier?
- Quelles sûretés et quel cautionnement personnel demande-t-elle, selon les postes que le prêt financerait?
- Le fonds de roulement est-il prévu dans la demande, et à quelle hauteur selon le plan d’affaires?
- Qui détient le bail du local, et que prévoit le contrat de franchise sur les redevances, les remboursements et le partage des revenus?
- Une avocate ou un avocat spécialiste des franchises et un comptable ont-ils examiné le contrat, comme la BDC invite à le faire?
Le guide Financer l’achat d’une entreprise décrit l’ensemble des sources de financement, et Financer l’achat d’un restaurant au Québec en donne un exemple propre à un secteur. Les annonces de franchises à vendre au Québec permettent de parcourir ce qui se présente sur la plateforme.
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Financement
Sources
Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.
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