Comment acheter un café au Québec?
Pour reprendre un café au Québec, il faut savoir que le permis alimentaire du MAPAQ n’est ni transférable ni remboursable : l’acheteur dépose sa demande et doit avoir son permis avant d’ouvrir. Le règlement exige aussi qu’un titulaire d’une attestation de gestionnaire d’établissement alimentaire contrôle l’hygiène et la salubrité.
Ce guide présente ce que les pages officielles exigent de la personne qui reprend un café au Québec, c’est-à-dire le commerce et non la boisson : le permis du MAPAQ, la formation en hygiène et salubrité, l’alcool et le local. Il repose sur les pages de Québec.ca, de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) et de LégisQuébec, citées en bas de page. Il porte sur le Québec seulement et ne contient aucun prix ni chiffre financier.
Quel permis le MAPAQ associe-t-il à un café?
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation écrit que le permis requis dépend du type d’activité pratiquée et non uniquement du lieu. Il distingue deux familles. La restauration s’applique au fait de préparer, de servir ou de maintenir chauds ou froids des repas, des collations ou des boissons que la clientèle consomme sur place ou prend à emporter. La vente au détail vise les aliments et produits alimentaires autres que des repas ou des collations, vendus directement aux consommateurs; les boulangeries, les épiceries et les dépanneurs y figurent en exemples.
Un café qui prépare et sert des boissons et des collations tombe donc, d’après ces définitions, du côté de la restauration. Québec.ca note toutefois qu’un même type de lieu peut être exploité avec l’un ou l’autre permis selon l’activité, et le présent guide ne tranche pas le cas d’un commerce mixte, par exemple un café qui vend aussi des produits emballés. C’est au Service des permis du MAPAQ qu’il faut poser la question.
La page d’aide énumère aussi des activités qui ne demandent pas de permis, notamment revendre des aliments préemballés non réfrigérés, maintenir au chaud ou au froid des boissons, de la glace ou de l’eau embouteillée, et infuser, diluer ou reconstituer avec de l’eau un produit sec ou concentré pour un service direct en portion individuelle, sans chauffage subséquent. Ces exceptions sont à lire telles quelles : la page donne en exemple la barbotine, la tisane et le café instantané, mais ne dit rien des autres boissons ni des collations préparées sur place, et la réponse vient du ministère.
Le permis ne se transfère pas : ce que cela change à l’achat
Selon la page d’aide, le permis « n’est ni transférable ni remboursable » et il est valable pour une période de 12 mois. Pour l’acheteur d’un café, cela veut dire que le permis du vendeur ne fait pas partie de ce qui s’achète. Québec.ca précise qu’on doit recevoir son permis avant de commencer les activités et l’afficher à la vue des clients, et que l’exploitation sans permis valide est interdite.
Le délai de traitement publié pour une nouvelle demande est de 2 à 6 semaines. Avant même de déposer la demande, la page demande de vérifier auprès de la municipalité si l’exploitation d’un commerce alimentaire est autorisée à l’adresse visée; les pages du ministère ne décrivent pas les règles municipales. Le titulaire doit enfin aviser le Service des permis dans un délai maximal de 15 jours si des renseignements liés à son permis changent.
La formation en hygiène et salubrité alimentaires
Québec.ca signale un changement survenu le 8 juillet 2025 : le nouveau demandeur de permis n’est plus obligé de fournir un numéro de gestionnaire d’hygiène et salubrité alimentaires. Le ministère précise cependant que l’exigence de fond demeure. Elle figure à l’article 2.2.4.1 du Règlement sur les aliments, selon lequel l’exploitant d’un lieu où se fait la préparation de produits destinés à la consommation humaine en vue de la vente, ou où est exercée l’activité de restaurateur, doit confier le contrôle de l’hygiène et de la salubrité alimentaires à un titulaire d’une attestation de formation de gestionnaire d’établissement alimentaire, sous réserve des exemptions de l’article 2.2.4.9.
La formation de gestionnaire dure 12 heures. Elle s’adresse principalement à la personne nommée responsable du contrôle, qui peut être l’exploitant ou une personne de confiance au sein du personnel, et elle comprend tout le contenu de la formation de manipulateur. Pour la suivre, il faut s’inscrire auprès d’un formateur autorisé, qui fixe lui-même le coût de son service; la note de passage est de 60 %. L’attestation est délivrée à la personne formée et non à son employeur, et elle est valide à vie.
La formation de manipulateur d’aliments, d’une durée de six heures, vise les employés qui préparent ou manipulent des aliments et ceux qui nettoient le matériel en contact avec eux. Le MAPAQ précise qu’elle touche aussi les membres du personnel qui concoctent des boissons auxquelles du lait ou des fruits sont ajoutés, ce qui peut viser le personnel au comptoir d’un café. Le règlement ajoute que l’exploitant doit respecter l’une des deux obligations suivantes : s’assurer, durant les heures où il exerce ses activités, de la présence de la personne chargée du contrôle ou d’au moins un membre du personnel titulaire d’une attestation de manipulateur ou de gestionnaire; ou s’assurer qu’au moins 10 % du personnel affecté à la préparation ou au nettoyage, y compris la personne chargée du contrôle, détient l’une de ces attestations. La page sur la formation de manipulateur invite à vérifier auprès du gestionnaire si elle est requise, puisqu’il se peut qu’un nombre suffisant d’employés soient déjà formés.
Et si l’acheteur n’a jamais exploité de café?
Les sources officielles lues décrivent ce qu’il faut obtenir : un permis alimentaire reçu avant l’ouverture et une personne titulaire de l’attestation de gestionnaire qui contrôle l’hygiène et la salubrité. Elles ne mentionnent pas d’exigence d’expérience préalable pour obtenir le permis alimentaire. Ce guide n’exprime aucune opinion sur l’opportunité, pour une personne donnée, d’acheter un café : il se limite à ce que les organismes publient. Pour le reste de la démarche, le guide sur ce qu’il faut pour reprendre une entreprise fait le tour des étapes générales.
Servir de l’alcool dans un café
Cette question ne se pose que si le café veut offrir de l’alcool. La RACJ écrit que le permis de restaurant autorise son titulaire à vendre ou à servir des boissons alcooliques dans un établissement où il effectue de façon principale et habituelle, sur place, la préparation et la vente d’aliments, et que la vente d’alcool doit être complémentaire à ce commerce principal, et non l’inverse. Le délai moyen publié pour ce permis est de 90 jours, et le nouvel acquéreur d’une entreprise doit transmettre sa propre demande. Un café qui n’offre que des boissons, sans préparation d’aliments, ne répond peut-être pas à ce critère : c’est à la RACJ de le dire. Les autres permis sont décrits dans le guide Acheter un bar au Québec.
Le local, les équipements et la franchise
Dans un achat d’actifs, le contrat décrit ce qui est vendu : le guide sur le contrat de vente d’actifs en présente la structure, et celui sur la cession d’un bail commercial explique ce qui touche le local. Si le café appartient à une bannière, la reprise d’une franchise existante a ses propres conditions, décrites dans le guide sur la reprise d’une franchise. Pour la démarche générale, voir Acheter une entreprise au Québec et Financer l’achat d’une entreprise.
- permis du MAPAQ : demande de l’acheteur, permis reçu avant l’ouverture, affiché à la vue des clients;
- attestation de gestionnaire d’établissement alimentaire : exigée de la personne qui contrôle l’hygiène et la salubrité;
- une personne formée présente durant les heures d’exploitation, ou au moins 10 % du personnel de préparation et de nettoyage titulaire d’une attestation;
- permis d’alcool de la RACJ seulement si le café veut servir de l’alcool;
- zonage vérifié auprès de la municipalité avant de déposer la demande.
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Sources
Chaque exigence et chaque chiffre cités dans ce guide renvoient à une source primaire. Les liens ont été vérifiés aux dates indiquées.
- 01Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)GouvernementPermis pour préparation d'aliments, restauration ou vente au détail
- 02Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Québec.caGouvernementAide pour les permis alimentaires
- 03Publications du Québec, LégisQuébecGouvernementRèglement sur les aliments (RLRQ, c. P-29, r. 1)
- 04Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Québec.caGouvernementFormation de gestionnaire d’établissement alimentaire
- 05Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Québec.caGouvernementFormation de manipulateur d’aliments
- 06Régie des alcools, des courses et des jeuxOrganisme de réglementationPermis de restaurant
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